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Burkina Faso : 24 à 28% des décès hospitaliers sont liés à l’avortement clandestin provoqué selon une étude dans six formations sanitaires de Ouagadougou


L’avortement se définit comme étant l’expulsion ou l’extraction hors de la mère du produit de conception avant la 28e semaine d’aménorrhée ou avant 180 jours. Il y a deux grands groupes d’avortement : les avortements qui surviennent spontanément et les avortements provoqués. On distingue deux cas d’avortements provoqués : les avortements provoqués sur le plan médical et les avortements provoqués clandestins. Mais qui dit avortement provoqué clandestin, dit avortement à risque. Quels sont ces risques ? Comment prévenir l’avortement provoqué clandestin ? Docteur Ousseni Compaoré, gynécologue obstétricien au CHU de Tengandogo apporte des éclaircissements.

Au Burkina Faso, l’avortement est puni par la loi. Il s’agit notamment de l’’avortement provoqué clandestin qui est une interruption volontaire de la grossesse.
Mais il y a des cas où l’avortement est autorisé par la loi quel que soit l’âge de la grossesse :
# Si l’évolution de la grossesse met en péril la santé de la femme ;

# Si l’enfant qui doit naître est porteur d’une affection très grave ;

# Devant un motif social ; une grossesse issue d’un viol, d’une relation incestueuse.

Dans cette situation, il est pratiqué par un prestataire de soins formés qui utilise une technique correcte, répondant aux normes sanitaires. Il s’agit de l’avortement médical ou sécurisé.

👉 Statistiques des avortements provoqués clandestins

On estime à 20 millions d’avortement à risque par an, survenant dans le monde. Malheureusement ils sont plus fréquents dans les pays en voie de développement. En Afrique, on retrouve environ 9 millions d’avortement à risque par an qui sont responsables d’environ 15% de la mortalité maternelle.
On estime qu’un décès maternel sur 5 est en rapport avec un avortement clandestin provoqué et l’âge moyen retrouvé chez ces femmes, c’est autour de 23 ans. Mais eu égard à la précocité des rapports sexuels, la moyenne d’âge a tendance à baisser.

Au Burkina, 24 à 28% des décès hospitaliers sont liés à l’avortement. Dans une étude faite entre avril 2018 et mai 2019 par une équipe du Professeur Thiéba, 217 cas de grossesse non désirée ont été relevés. Parmi ces grossesses non désirées, 74% ont abouti à un avortement provoqué clandestin et la tranche d’âge retrouvée était de 22 ans.

Les raisons avancées qui sous-tendent ces avortements provoqués clandestins sont diverses. Il y a des raisons d’ordre social, notamment le refus de la paternité, la pression de la famille (père), la pression du partenaire, souvent, l’âge de fille (trop jeune) et aussi le célibat. Il y a également des raisons d’ordre économique, notamment le chômage, le faible revenu, la scolarité.

👉 Complications des avortements provoqués clandestins

Les complications sont nombreuses et variées et sont réparties en deux groupes : les complications immédiates qui peuvent intervenir très rapidement et les complications à long terme.

# Pour les complications immédiates, c’est l’hémorragie et l’infection qui peuvent toutes les deux conduire au décès ;

# Le décès brutal d’emblée au cours de la manœuvre abortive par ce que nous appelons le choc vagal. Il y a une partie du col, quand on y touche, le nerf vague est stimulé et ça peut conduire à la mort subite.

# En dehors de ces complications immédiates il y a les complications à long terme notamment les douleurs pelviennes chroniques dû à un syndrome inflammatoire chronique du pelvis ;
# La stérilité que ce soit par obstruction tubaire ou par accolement des parois de l’utérus dû à la manœuvre abortive ;
# Ces avortements provoqués peuvent faciliter la survenue de grossesse extra utérine (GEU), d’accouchement prématuré et même d’autres avortements.

👉 Prévenir l’avortement provoqué clandestin

Prévenir l’avortement provoqué clandestin revient en grande partie à lutter contre la survenue des grossesses non désirées :

- Il faut promouvoir l’éducation sexuelle en famille et en milieu scolaire ;
- Il faut sensibiliser la jeune fille avant, pendant et après la puberté ;
- Sensibiliser les femmes en âge de procréer, vulgariser le droit à la santé reproductive des jeunes ;
- Promouvoir l’accès et l’utilisation des méthodes contraceptives ;
- Renforcer les connaissances et les compétences des agents de santé à prendre en charge les conséquences de l’avortement provoqué clandestin ;
- Renforcer l’équipement des formations sanitaires à faire face à ces cas.


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