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Dystrophie ovarienne : 8 à 18% des femmes en âge de procréer sont touchées


Le syndrome des ovaires polykystiques encore appelé dystrophie ovarienne est une pathologie des ovaires qui augmente en taille et dont le contenu qui sont des follicules augmente aussi. Ces follicules n’étant pas de qualité, vont entrainer des troubles. Rencontrée fréquemment en consultation surtout chez des patientes jeunes, la dystrophie ovarienne est un sujet d’actualité au Burkina Faso. Quelles sont les causes de cette pathologie ? Comment elle se manifeste ? Quel est son impact sur la fertilité ? Les réponses avec docteur Aline Pegwendé Tougma/Sanou, gynécologue obstétricienne en service au Chu de Bogodogo, ancienne interne des hôpitaux.

8 à 18% des femmes en âge de procréer sont touchées par cette pathologie sans distinction de race.

👉 Causes

- L’hyperandrogénie chez la femme ;
- Le syndrome métabolique avec un diabète ;
- L’excès de croissance des follicules avec troubles de la folliculogenèse ;
- Le facteur génétique : récemment des études ont montré qu’il y a une composante génétique qui rentre en ligne de compte. Ces études ont prouvé que chez une patiente présentant ce syndrome, on peut observer chez sa mère dans 35% des cas et chez une de ses sœurs dans 40% des cas.

👉 Manifestations

- Troubles du cycle : généralement les patientes consultent pour des troubles des cycles, à savoir un cycle trop long allant de 35 à 45 jours, ou bien par une absence de règles. Souvent elles viennent aussi consulter pour une hypo fertilité.
- En consultation, on peut se rendre compte que ce sont des femmes qui n’ovulent pas sur tous les cycles.
Cliniquement quand on examine ces femmes on peut trouver un hirsutisme avec une hyper pilosité : l’apparition de barbe, un développement des poils au niveau du thorax, sur la ligne blanche ;
- On peut constater une acné : des boutons sur le visage ;
- Alopécie prononcée (chute de cheveux)

👉 Diagnostic

- Il est soupçonné à la clinique, mais le diagnostic para clinique repose surtout sur l’échographie qui va objectiver des ovaires qui sont gros avec beaucoup de follicules, allant de plus de 12 follicules qui auront une taille comprise entre 2 et 9 millimètres et un volume supérieur à 10 cm3. Donc face à un tel tableau, en plus des signes cliniques, on peut faire ce diagnostic.
- Il y a aussi les dosages hormonaux qui peuvent confirmer ce diagnostic notamment les androgènes.

👉 Impact sur la fertilité

Les ovaires polykystiques ont un impact sur la fertilité parce que c’est une cause d’infertilité parfois. Dans son mécanisme, il y a des femmes qui n’arrivent pas à ovuler en présence de ce syndrome et d’autres également qui ovulent, mais l’ovule n’est pas de bonne qualité. Cela va entrainer des hypofertilités et des avortements à répétition du fait de la mauvaise qualité des ovules. Dans ce cas, même s’il y a fécondation, le produit de conception n’étant pas de bonne qualité, sera éliminé par le fait de la sélection naturelle, d’où l’avortement.

👉 Traitement

- Il va reposer essentiellement sur des mesures hygiéno-diététiques. L’équilibre d’un diabète, la perte de poids, sont des mesures simples pouvant résoudre parfois le problème.
- Mais il arrive le plus souvent qu’on soit obligé de faire recours à des hormones pour non seulement réguler le cycle, mais aussi pour faciliter les ovulations. On va utiliser ainsi des pilules œstroprogestatifs non androgéniques et aussi le citrate de clomifène pour booster l’ovulation.

👉 Prévention

- Eviter les excès de poids ;
- Eviter les troubles métaboliques ;
- Mais la composante génétique fait que parfois malgré toutes ces mesures, on se retrouve face à la pathologie.

👉 Conseils

Nous demandons à la population féminine, de toujours consulter en cas de troubles du cycle, pour qu’on fasse le diagnostic. Il faut noter qu’il y a des diagnostics différentiels. Des fois, il ne s’agit pas d’une dystrophie ovarienne. Ce n’est pas forcément parce qu’on a des troubles du cycle qu’on a forcément une dystrophie ovarienne. Il ne faut pas faire l’amalgame.


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