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Infertilité : 5 personnes sur 20 consultent pour désir de grossesse au CHU de Bobo


L’infertilité est un problème sérieux de santé qui prend de l’ampleur et les couples sont de plus en plus jeunes en âge. Malheureusement, ils sont souvent seuls à pleurer leur sort, et prêts à tout pour trouver une solution.
A l’hôpital Sourô Sanou de Bobo-Dioulasso, le taux de consultation pour infertilité tourne autour de 20 à 25% sur l’ensemble des patients reçus en consultation.

Sur 20 patients reçus, au moins 5 consultent pour désir de grossesse. Des chiffres à relativiser selon le Professeur Der Adolphe Somé, car remarque-il, l’infertilité étant un "problème honteux et discret", la plupart des patients ne veulent pas venir à l’hôpital public.

Ces patients qui consultent sont des couples de plus en plus jeunes, entre 25 et 35 ans. Toute chose qui interpelle les spécialistes, car selon le Chef de service, certains motifs ne sont pas scientifiquement valides. " On a des jeunes couples qui, à peine mariés, trois à 4 mois seulement après, viennent consulter pour désir de grossesse. On ne leur en veut pas, on évolue dans une société où mariage rime avec grossesse et tout de suite. Ces jeunes couples sont souvent poussés par l’entourage, surtout les belles-mères", a noté Pr Somé.

En fait, dit-il, ils ne savent pas que sur le plan médical, la définition de l’’infertilité est claire : On parle d’infertilité quand un couple monogamme, homme et une femme en âge de procréer, vivent sous le même toi, ont régulièrement des rapports sexuels (3 à 5 par semaine), sans contraception, le dépôt du sperme se fait effectivement dans le sexe de la femme et au bout de douze mois il n’y a pas de grossesse.

Le spécialiste précise aussi qu’il y a une particularité africaine qui ne prend pas en compte cette définition : la polygamie et là encore, cela dépend du nombre de femmes. De nos jours où les femmes travaillent de plus en plus loin de leur partenaire, le problème se pose. Il est même aggravé par la vieille conception apprise sur les bancs disant que l’ovulation a lieu au 14ème jour du cycle. Cette assertion est de nos jours obsélète, dépassée, car personne ne sait quand va ovuler une femme. De la même façon qu’elle vera ses règles devant un stress (risque d’accident, annonce de décès, succès ou échec à un examen), c’est la même façon que l’ovulation est imprévue. Alors, il faut avoir des rapports réguliers.

Et pourquoi la durée de un an ?

Simplement parce que tous les ovules ne sont pas fécondants. De la même façon que la poule peut faire des œufs « gatés », sans jaune d’œuf, c’est de la même façon qu’une femme peut ovuler mais l’ovule n’est pas bon. En plus il y a des cycles sans ovulation. La femme voit ses règles, mais 15 jours plus tôt elle n’avait pas ovuler. Alors c’est pour avoir la chance d’avoir de bons ovules au moins pendant 6 mois qu’il faut cette durée. Avant l’OMS avait dit 24 mois, mais à présent, c’est ramené à 12 mois.

Donc c’est quand les conditions de la définition sont réunies et que le couple n’a toujours pas d’enfants, qu’il devrait consulter. Mais attention, nous parlons de couples jeunes. La femme âgée de moins de 35 ans, car au-delà, c’est une course contre la montre à cause de l’approche de la ménopause chez la femme.
La prise en charge de l’infertilité du couple, a-t-il précisé, est couteuse et longue alors que le plus souvent les gens sont pressés. Quand le couple vient consulter, relève-t-il, il estime tomber enceinte tout de suite, ce qui est légitime. Mais, dit-il « soigner » l’infertilité ce n’est pas comme soigner un palu ! Il y a trop de paramètres à prendre en compte, à commencer par la discrétion, la gestion du stress et le regard des autres.

La prise en charge médicale est donc aussi bien psychique, physique (les organes) et,dit-il, même conjugale.
Si c’est un problème masculin avec par exemple des incapables de produire des spermatozoïdes, il n’y a pas vraiment de traitement. C’est l’adoption, l’insémination artificielle ou la fécondation in vitro avec le sperme de quelqu’un d’autre (don de sperme).
Par contre quand l’homme produit des spermatozoïdes en faible quantité, des spermatozoïdes morts, il y a un traitement qui permet de régulariser la situation. « On demande un spermogramme à l’homme. S’il le fait et commence le traitement, il lui faut obligatoirement refaire le premier contrôle à partir de 74 jours, soit à peu près deux mois et demi si on veut savoir si le nombre a augmenté ou pas. Donc le traitement se fait pratiquement tous les deux mois et demi et facilement on a bouclé une année », a-t-il dévoilé.
Chez la femme aussi, le spécialiste a indiqué que le stress peut bloquer l’ovulation. « Il faut qu’on arrive à débloquer toutes ces situations, arriver à rendre la femme confiante et relaxe. Ce qui n’est pas évident avec la pression de sa belle-famille, de sa famille, de ses copines. Tous les jours elle va donner du savon de gauche à droite à ses copines qui ont accouché, alors que pour elle, ça tarde à venir. Dès qu’elle voit ses règles elle pleure  », a-t-il déploré notant au passage que le plus souvent, le couple essaye le traitement une fois, deux fois espérant que ça va marcher, et après ils disparaissent pour réapparaître après.

Parfois à la maison, constate Pr Somé, la femme est laissée à elle seule, elle n’a pas le soutien de son homme. Ce dernier, dit-il, se vante souvent d’avoir eu un, deux ou trois enfants déjà ! Mais médicalement, par principe, nous ne considérons pas cela. Pour nous, un homme n’a jamais d’enfant, jusqu’à preuve du contraire. Il va jusqu’à donner l’exemple de son nom qu’il porte, et qui est celui de sa mère, car dit-il « je suis sûr au moins que ma mère est ma mère, pour avoir séjourné en son sein ».

Il donc lancé un appel aux hommes pour qu’ils soient plus complices de leurs femmes dans cette situation douloureuse, pour qu’ils accompagnent leurs femmes en consultation et qu’ils acceptent réaliser les examens qui leur seront prescrits, car s’ils n’ont aucun problème, l’examen le montrera ! Pourquoi avoir peur ?


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