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CHU de Bobo-Dioulasso : le taux de consultation des hommes en gynécologie est de 8%

La consultation gynécologique permet de prévenir, mais aussi de guérir certaines maladies. Si les femmes y vont régulièrement pour diverses raisons, elles devraient normalement être accompagnées par leurs époux. Mais cela semble ne pas être dans nos habitudes. Quand un homme vient en gynécologie, c’est généralement dans le cadre du désir de grossesse, parfois pour difficultés sexuelles. Au CHU de l’hôpital Sourô Sanou de Bobo-Dioulasso, le taux de consultation des hommes tourne autour de 8%, selon les spécialistes.



"Sur environ 12 personnes qui attendent de consulter, on peut dénombrer un seul homme et généralement ce sont des hommes qui accompagnent leurs femmes parce qu’ils sont dans le besoin d’avoir un enfant et ils cherchent à comprendre
", a déclaré le Professeur Der Adolphe Somé, gynécologue obstétricien, Chef de service de médecine de la reproduction à l’hôpital Sourô Sanou de Bobo Dioulasso. Cette situation s’explique selon lui par la crainte des regards des autres, et par peur d’être traités d’impuissants, notamment des femmes qui attendent. Beaucoup vont consulter en privé pour leur problème de sexualité ou de désir d’enfant ou vont voir des andrologues (urologues) ou des vénérologues (dermatologues) . Ils sont peu, selon le Professeur Somé, les hommes qui préfèrent consulter dans les publics. " Dans le service de consultation gynécologique, ce n’est pas une habitude de voir donc des hommes et femmes faire le rang", a-t-il soutenu.

Pourtant, souligne-t-il, "nous aurions souhaité voir la femme accompagnée de son partenaire pour assister à la consultation si la femme l’autorise, parce que son problème de santé le concerne également". Sur le plan physique, soutient le Professeur Somé, la femme n’a pas quelque chose à cacher à son mari. Mais c’est après être venue seule consulter qu’elle fait le point à son partenaire.
"Vous savez bien qu’en matière de communication, mieux vaut éviter les intermédiaires, surtout en médecine. Quand l’information quitte le médecin pour être délivrée à la femme, nous pensons qu’il est beaucoup plus direct pour le mari de l’accueillir en même temps que sa femme, ainsi il peut poser les questions qu’il souhaite", a-t-il recommandé ajoutant que la présence du mari fait que les deux reçoivent en même temps l’information.

Toutefois, souligne le Chef de service, il faut que la femme accepte que le mari assiste à la consultation. "C’est son droit. Tant qu’elle ne donne pas son accord, je ne peux pas faire venir l’homme pour dire par exemple que les trompes de sa femme sont bouchées", a-t-il renseigné. Il précise que c’est pareil pour l’homme. " S’il fait son spermogramme et vient avec sa femme, je lui demande la permission si je peux annoncer le résultat en présence de la femme, car il peut être bon ou mauvais, en expliquant à la femme qu’un examen est strictement personnel et privé. Le docteur ne doit pas être mêlé à une séparation éventuelle d’un couple", a-t-il prévenu.
Seul le propriétaire de l’examen peut donc partager les résultats avec qui il veut. "Il ne faut pas que les médecins commettent l’erreur de penser que ce sont des couples et qu’ils peuvent donner l’information comme ça. D’ailleurs, quel agent de santé a déjà eu à exiger un acte de mariage lors d’une consultation ? Nous croyons à ce que les patients nous disent, mais nous devons restés vigilants et prendre les précautions pour ne les blesser ou faire chanceler le couple...parfois dejà fragilisé. Selon l’éthique médicale, l’examen médical est unique et personnel..., en tout cas chez les patients adultes conscients", a conclu Pr Somé.


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