• Tél: +226 71 35 57 60
  • 01 BP 1330 Ouagadougou - Burkina Faso
  • Courriel : sogob-bf@yahoo.fr


Gratuité des soins La charge de travail est passée du simple au triple


Promouvoir des soins de qualité pour le bien-être de la femme et de l’enfant est l’un des objectifs de la Société des gynécologues et obstétriciens du Burkina (SOGOB). Si cela constitue une préoccupation majeure pour la SOGOB, force est de constater que malgré la volonté qui anime les spécialistes des questions de la femme et de l’enfant, il arrive des moments où ces derniers restent impuissants face à certaines situations.
Au CHR de Banfora, le Chef de service de la maternité mesure désormais ses interventions. Pour cause, du fait de la gratuité des soins, la charge de travail est passée d’un effectif du simple au triple.

« Chaque médecin reçoit 30 patientes le jour de sa consultation. Souvent nous sommes tellement débordés que nous donnons rendez-vous aux patients des jours qui ne sont pas normalement des jours de consultation », a renseigné le Chef de service de la maternité du CHR de Banfora, docteur Dao Yssou, gynécologue obstétricien.
De l’avis du docteur Dao, avec la gratuité, la charge de travail est passée d’un effectif du simple au triple.

« Nous avons environ 1066 interventions chirurgicales par an soit 975 césariennes par an parce que le CHR de Banfora est le seul centre dans lequel une intervention chirurgicale peut être faite. Nous avons dans la région un CMA à Sindou qui n’est pas fonctionnel. Du coup, toutes les patientes dont la prise en charge relève de la chirurgie se retrouvent à Banfora. Avec le phénomène de la gratuité, nous recevons même des patientes de la Côte d’Ivoire notamment de Ferké, de Wangodologou qui viennent se faire opérer ici », a-t-il expliqué.

Pourtant, relève-t-il, il n’y a que deux médecins spécialistes au service de gynécologique du CHR de Banfora. Chose récente, car à entendre le Chef de service, son collègue a rejoint le CHR il n y a que deux mois de cela. "J’étais seul à gérer ces urgences pendant huit à neuf ans. Jour et nuit, pas de repos", a-t-il rappelé.
Durant toutes ces années, Dr Dao a pratiquement effectué ces interventions chirurgicales seul à telle enseigne qu’il a développé une hernie discale. « J’ai interrompu les activités pendant un certain temps, mais comme il n’y avait personne, j’étais obligé de reprendre pendant un certain temps et j’en suis arrivé à une double hernie discale. De ce fait mes interventions chirurgicales sont mesurées », a-t-il révélé notant qu’il sollicite souvent le concours des attachés de santé en chirurgie pour la réalisation de certaines interventions. « Je fais les gestes essentiels et ils terminent parce que je ne peux pas tenir toute une intervention comme certaines hystérectomie, ou alors des ruptures utérines. C’est de cette façon qu’on peut prendre en charge les patients », a-t-il confié.

Je n’ai pratiquement pas eu droit à des congés

Avec cette surcharge au travail, Dr Dao ne pouvait pas non plus se permettre de prendre des congés. « Au moment où j’étais seul je n’ai pratiquement pas eu droit à des congés parce que si je partais en congé il n’y avait personne. Les attachés prenaient certaines césariennes qui ne sont pas compliquées, mais la plupart des interventions étaient évacuées si j’étais absent pour une raison ou une autre », a-t-il dévoilé rappelant qu’il était quasi impossible de faire des travaux de recherche dans ces conditions.

Par ailleurs, le Chef de service de la maternité du CHR de Banfora a déploré une situation qu’ils vivent depuis un certain temps. Il s’agit du comportement de leurs maitres de stage. « Nous sommes des gynécologues qui ont été formés au Burkina. J’ai fait une partie de ma formation à Ouaga, j’ai terminé à Bobo et j’ai été affecté à Banfora en 2006 où j’ai commencé à travailler en 2007. Mais depuis 2007 jusqu’à ce jour, je n’ai pas reçu la visite d’un de mes maitres pour savoir ce que je deviens après ma formation, quelles difficultés je rencontre, de quel soutien j’ai besoin, quel genre de formation j’ai besoin pour être plus performant », a-t-il déploré. Pour ce fait, il recommande donc à ces derniers de suivre les gens qu’ils forment.


527 vues

Un commentaire sur " Gratuité des soins La charge de travail est passée du simple au triple " ?
Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

figure
figure