SANTE DE LA FEMME

Accouchement difficile: Que faire quand bébé refuse de sortir?

Summary

Le terme dystocie vient du grec ancien dys, signifiant difficulté, et tokos, signifiant accouchement. Un accouchement dit dystocique est donc un accouchement difficile, par opposition à un accouchement eutocique, qui se déroule normalement, sans encombre. On regroupe ainsi sous le […]

Le terme dystocie vient du grec ancien dys, signifiant difficulté, et tokos, signifiant accouchement. Un accouchement dit dystocique est donc un accouchement difficile, par opposition à un accouchement eutocique, qui se déroule normalement, sans encombre. On regroupe ainsi sous le terme d’accouchement dystocique tous les accouchements où des difficultés surviennent, notamment concernant les contractions utérines, la dilatation du col de l’utérus, la descente et l’engagement du bébé dans le bassin, la position du bébé lors de l’accouchement (en siège notamment), etc.  Quels sont les différents types de dystocie ? Comment se passe la prise en charge d’un accouchement dystocique ? Le Chef de service de gynécologie obstétrique du Centre Hospitalier Régional de Dori, Dr Zakaria Mitibketa ZOUNGRANA apporte des éléments de réponse. 

Qu’est-ce que l’accouchement ?

L’accouchement peut-être défini comme la sortie du bébé qui était dans le ventre de sa mère suivie de la sortie totale du placenta. Cette naissance peut se faire par voies naturelles ou bien par opération (césarienne).

La dystocie est une anomalie qui vient dérégler l’évolution normale du travail ou de l’accouchement. Elle peut survenir au tout début, au milieu ou à la fin du travail et même pendant que la femme est entrain de pousser pour faire sortir le bébé. Au cours du travail normal, au fur et à mesure que le temps passe, on connait le nombre de contractions utérines qui devraient survenir toutes les 10min. On connait aussi leur durée et leur force à chaque moment du travail. Si le nombre, la durée ou la force (intensité) sont anormalement diminués ou augmentés, on parle a priori de dystocie dynamique, c’est-à-dire une anomalie de contractions utérines. Mais le plus souvent, la dystocie dynamique cache derrière elle d’autres types de dystocies.

Quels sont les différents types de dystocie ?

On distingue deux grands types de dystocies :

Les dystocies dynamiques, liées à un dysfonctionnement du moteur utérin ou de la dilatation du col ; et les dystocies mécaniques, lorsquil y a obstacle, d’origine fœtale (taille et/ou présentation du bébé) ou non (tumeur, placenta prævia, kyste).

Notons que la dystocie est parfois classée selon si elle est d’origine maternelle (dilatation du col, contractions utérines, placenta prævia, bassin trop étroit) ou dorigine fœtale).

La dystocie dynamique représente plus de 50 % des causes d’accouchement dystocique. Elle peut être liée à un travail utérin qui est insuffisant, lorsque les contractions utérines ne sont pas assez efficaces pour permettre l’expulsion du bébé. A linverse, des contractions trop violentes peuvent aussi engendrer un accouchement dystocique. Des contractions anormales, trop faibles ou trop intenses, peuvent par ailleurs empêcher la bonne dilatation du col de l’utérus, et donc compliquer l’accouchement. Le col utérin en lui-même peut présenter des particularités qui l’empêchent de se dilater correctement et suffisamment.

Les dystocies mécaniques 

On distingue ici trois grands types de dystocie mécanique, lorsqu’il y a obstacle mécanique compliquant l’accouchement par voie basse :

– on parle de dystocie osseuse lorsque le bassin de la future maman présente une anomalie de taille, de forme ou dinclinaison, qui complique le passage du bébé dans les différents détroits du bassin ;

– on parle de dystocie mécanique d’origine fœtale lorsque cest le fœtus qui complique l’accouchement de par sa position (en siège complété ou décomplété notamment), sa taille et son poids importants (on parle de macrosomie fœtale, lorsque le poids de l’enfant est supérieur à 4 kg) ou encore du fait de malformation (hydrocéphalie, spina bifida) ;

– on parle enfin de dystocie mécanique des tissus mous lorsque la dystocie est due à un placenta prævia recouvrant au moins partiellement le col, à des problèmes utérins (fibromes, malformations, cicatrices…) etc.

Un cas particulier de dystocie mécanique d’origine fœtale est la dystocie des épaules, lorsque la tête du bébé a été expulsée mais que les épaules peinent à s’engager dans le bassin par la suite. On parle plus largement de dystocie d’engagement lorsque le fœtus peine à sengager correctement dans le bassin, malgré une bonne dilatation cervicale.

Comment se passe la prise en charge d’un accouchement dystocique ?

Selon le type et le degré de dystocie durant l’accouchement, la césarienne peut être indiquée.

Notons que les progrès de l’échographie permettent aujourdhui déviter certains accouchements dystociques, en optant pour une césarienne programmée, lorsqu’il existe un placenta prævia recouvrant le col, par exemple, ou que le bébé est vraiment trop gros par rapport à la largeur du bassin de la future maman. Cela étant, l’accouchement par voie basse peut s’avérer un succès malgré les difficultés évoquées en amont.

Face à une dystocie d’origine dynamique, la rupture artificielle des membranes et l’injection docytocine peuvent permettre de rendre les contractions plus efficaces et le col plus dilaté.

Le recours à des instruments tels que les forceps ou les ventouses peut être nécessaire face à certaines dystocies mécaniques.

Mais si ces mesures ne suffisent pas à faire naître le bébé, et/ou que des signes de souffrance fœtale apparaissent, une césarienne d’urgence est entreprise.

Des conseils à l’endroit des femmes ?

Les femmes doivent savoir qu’on ne peut pas prévoir les complications et que toutes les femmes enceintes sont à risque de développer des complications.

Il est donc important pour elles de consulter soit la sage-femme ou le gynécologue dès qu’elles se savent enceintes, cela afin de débuter les soins prénatals (Les pesés).

Des soins prénatals de qualité permettront de réduire très significativement les complications au cours de l’accouchement et de prendre en charge de façon prophylactique certaines dystocies décelées à l’examen clinique et/ou paraclinique. Au cours de ces soins prénatals les femmes pourront également discuter du plan d’accouchement.

Avoir recours au service de santé à travers les maternités pour tout accouchement demeure une solution pour la prise en charge adéquate de l’accouchement dystocique.

Enfin pour les femmes qui le peuvent, elles pourraient faire la pratique de la gymnastique prénatale qui constitue une méthode non pharmacologique de la préparation à l’accouchement.

Madina BELEMVIRE 

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