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Vulvodynie : la prise en charge fait appel aux gynécologues, psychothérapeutes, sexologues et dermatologues


"vulvo et dynie" : littéralement, douleur de la région vulvaire (ensemble des organes génitaux externes de la femme).
C’est l’ensemble des plaintes vulvaires avec un examen clinique plutôt normal. La vulvodynie est une forme d’inconfort vulvaire chronique dont le principal mode dexpression est la brûlure (CNGOF, 2005). Elle peut être également définie comme un syndrome douloureux chronique de la région vulvaire en l’absence de processus infectieux, dermatologique, métabolique, autoimmune ou néoplastique. Tout savoir sur cette maladie avec Souleymane OUATTARA, MCA en gynécologie obstétrique, Chef de Département de gynécologie obstétrique à l’Institut Supérieur de Sciences de la Santé, Université Nazi Boni de Bobo-Dioulasso. Dr Ouattara est également Chef du service de gynécologie du Département de Gynécologie-obstétrique et de Médecine de la Reproduction du CHUSS de Bobo-Dioulasso.

<Quels sont les symptômes ?

Les femmes qui souffrent de vulvodynie se plaignent généralement d’une sensation de chaleur, de brûlure et de piqûre et/ou dune sensation décorchure dans la région vulvaire. La douleur peut être localisée dans des endroits très précis du périnée (et les patientes peuvent identifier exactement les points « douloureux ») comme le vestibule vulvaire, les lèvres ou le clitoris. On parle alors de vulvodynie « locale »
Cette douleur peut toucher toute la région périnéale. On parle de vulvodynie « générale ».
La vestibulite vulvaire, un des sous types de vulvodynie, fait référence à une douleur localisée dans le vestibule vulvaire, la région autour de l’ouverture vaginale. Les femmes qui souffrent de vestibulite vulvaire ressentent généralement une douleur lorsqu’une pression est appliquée sur le vestibule vulvaire pendant les relations sexuelles, lors de l’insertion d’un tampon ou à l’occasion d’un examen gynécologique.
Cliniquement, il existe deux groupes de patientes souffrant de vestibulite vulvaire : la vestibulite vulvaire primaire qui est une dyspareunie dès le premier rapport sexuel ; tandis que dans le cas de la vestibulite secondaire, la dyspareunie apparaît après une période de rapports sexuels sans douleur. Chez les femmes atteintes d’une vulvodynie générale, la douleur périnéale est renforcée lorsqu’elles restent assises pendant longtemps et par des activités sportives telles que le vélo ou l’équitation.

<La fréquence est-elle élevée ?

C’est une pathologie peu fréquente dans notre consultation, pour ne pas dire rare.

<Comment elle se manifeste ?

Les douleurs peuvent être spontanées, ou provoquées par le contact.

<Comment se fait le diagnostic ?

Le diagnostic se fait après avoir éliminé une dermatose, une infection, un désordre anatomique, ou un trouble neurologique. L’examen clinique des patientes atteintes de vulvodynie est donc normal. Il s’agit donc d’un diagnostic d’élimination. La composante psychologique est certaine, difficile à accepter par la patiente.

<Quel traitement pour la vulvodynie ?

Il n’existe actuellement aucun remède contre la vulvodynie, même si certaines patientes ont une rémission spontanée.

La prise en charge doit être multidisciplinaire, faisant appel aux gynécologues, psychothérapeutes, sexologues et dermatologues.

Chaque élément de la stratégie thérapeutique est proposé progressivement.

Il est, dans tous les cas, important de reconnaître la maladie et de l’expliquer à la patiente.

Il est important d’identifier et d’éliminer les substances irritantes locales et les allergènes potentiels
Les topiques locaux sont souvent proposés en première intention mais restent décevants.

La rééducation pelvienne assistée de technique d’électrostimulation et de biofeedback est très utile en cas de vaginisme.

Le traitement médical de la douleur repose sur les antidépresseurs tricycliques comme l’amitriptyline.

Un recours à une psychothérapie comportementale et/ou analytique, ou une consultation auprès d’un sexologue permet d’effectuer un accompagnement avec la patiente.

Le traitement chirurgical n’est proposé que de façon exceptionnelle après échec des traitements antérieurs et d’une bonne prise en charge psychosexuelle : enlever la peau hyperalgésique chez les patientes atteintes de vulvodynie locale.

<Peut-on la prévenir ?

La prévention reste encore hypothétique, les théories étiologiques étant diverses et peu consensuelles.


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